lundi 5 mars 2012

La forme de la contrebasse : les instruments de Mario Lamarre

Lamario ou Mario Lamarre est un luthier spécialisé dans les contrebasses. Il travaille à Montréal. Ses instruments sont particuliers en plusieurs points.

Il a conçu un manche démontable pour la contrebasse, la rendant plus facile à déplacer et à transporter en particulier par avion.

Ses contrebasses sont uniques. Leurs volutes et le dos de leurs chevilliers sont sculptés et parfois même creusés.

Les voutes de ses instruments ont des facettes, qui correspondent au mode de vibration 2 du modèle de Chadni. Ces facettes sont au nombre de 8 (4 en haut et 4 en bas) et forment un motif ressemblant aux nervures d'une feuille.

Je n'ai pas pu ajouter de photos pour illustrer mon propos, mais les photos présentes sur son site internet parlent d'elles-même.


dimanche 4 mars 2012

Les dimensions de l'alto (5) : un idéal par René Morel

René Morel
Le maitre luthier René Morel a restauré plusieurs anciens altos. Ce travail a été fait pour des musiciens, ce qui lui a permis d'établir avec eux les dimensions nécessaires à ce qui serait un alto exemplaire. Ses réflexions et ses résultats sont réunies dans l'article "The secret of viola sound" de la revue The Strad publiée en février 1994.

Les dimensions qu'il y propose sont les suivantes :
 - longueur de caisse = 16-17 1/2 pouces ou 408-445 mm
 - diapason = 8 3/4 pouces ou 223 mm
 - longueur du manche = 5 7/8 pouces ou 150 mm
 - longueur de corde vibrante = 14 3/4 pouces ou 375 mm (+/- 2 mm en fonction de la hauteur de voute).

Il conseille aussi de fabriquer le fond à partir d'une seule pièce d'érable coupée sur dosse.


Les origines et le devenir de l'alto : réflexion par John Dilworth

Violon, Andrea Amati
Dans son article "Unfinished journey" parue dans la publication de mai 1996 de la revue The Strad, John Dilworth met en perspective l'évolution de l'alto et celle du violon.

Le violon a d'abord été un instrument populaire. Il est devenu l'instrument soliste sous la main experte d'Andrea Amati au milieu du 16e siècle. Celui-ci et plusieurs autres luthiers réunis à Crémone, en Italie, ont permis au violon de se rependre en Europe. En effet leurs instruments sous le mécénat de la couronne d'Espagne, ont été offerts aux ensembles et orchestres des Cours d'Europe.

L'alto, qu'en à lui, est peut-être un descendant de la lyra da braccia. Ils ont tous deux une tessiture proche de la voix humaine. On retrouve de très nombreux altos fabriqués à Brescia, au nord de l'Italie, au milieu du 16e siècle. Brescia appartenant alors à la province de Venise, les luthiers fabriquaient des instruments en fonctions des besoins de leurs clients. Ces derniers sont des musiciens. Leurs besoins sont donc différents des commendataires royaux de Crémone. Ils ne sont pas très beaux, ni parfaitement finis, mais ils ont un son très riche et très ronds, ce qui manque à leurs cousins de Crémone.

Alto, Gasparo Da Salo
Les instruments les plus représentatifs de cette période sont ceux de Gasparo Da Salo. On retrouve leurs caractéristiques dans les instruments de ses élèves, Maggini et Zanetti. Ce sont de grands altos (jusqu'à 48cm) qui se jouent parfois da spalla. Leur corde vibrante est variable, ce qui ne les rends pas très aisés à jouer. Mais leurs formes, longs, très larges, avec très peu de taille, leur confère un son très "alto" (comme dirait mon professeur de Dessin de Lutherie). Un son chaud, rond, vibrant.

L'alto n'est devenu plus petit qu'au milieu du 18e siècle. La longueur de la caisse s'est alors standardisée aux alentours de 410 mm. A la même époque, les luthiers parisiens ont introduit le retournement du manche, et l’allongement de la touche. Et la longueur de corde vibrante des altos a été standardisée aux alentours de 220 mm.

Depuis de nombreuses formes ont été proposées pour l'alto, et de nombreuses possibilités peuvent encore voir le jour. Contrairement au violon, son évolution n'est pas retenue par les réalisations de nos illustres prédécesseurs.

lundi 27 février 2012

Créer une carte de visite

Comme l'article créer un logo le suggérait, j'ai choisi le logo qui défini mon image promotionnelle. L'étape suivante consiste à créer ma carte de visite.

Mon logo s'inscrit dans un rectangle vertical. Il serait donc logique de l'inclure dans une carte rectangulaire, soit en motif principale sur une carte format portrait, soit en décoration sur le côté d'une carte format paysage. Mais pourquoi pas l'inclure dans un cercle ou un ovale ?

Voici trois designs que j'ai bidouillés avec l'aide du logiciel Photoshop en cours. Le lettrage était à l'origine écrit avec une police gratuite, mais partagée à des fins non commerciales. J'ai essayer de la modifiée pour me l'approprier. Mais j'ai finalement choisi de retranscrire moi même le lettrage. Les caractères sont de mon écriture. Je les ai vectorisés à l'aide de Photoshop.

Le modèle carré est imprimé des deux côtés, de telle façon que les informations pour me contacter sont à l'arrière de la carte.

Les informations contenues pas mes cartes de visite sont les suivante :
- mon nom
- la mention "Luthière" ou "Étudiante en lutherie"
- les informations nécessaires pour me contacter (adresse, # de téléphone, e-mail, blogue)


La forme de l'alto : l'alto à cut-away de Otto Erdesz

Otto Erdesz jouant de l'alto
Otto Erdesz était un luthier hongrois, qui a longtemps travaillé en Israël avant de venir au Canada. Il est décédé en 2000. Il est aujourd'hui connu pour ses altos à "cut-away". Il a fabriqué 35 de ces instruments depuis les années 1970.

Alto de dos, Otto Erdesz
La forme de ces instruments permet au musicien de jouer de plus grand instrument avec une plus grande facilité. Ils sont dit avoir une très forte projection et un son équilibré. La nouvelle forme est réputée pour atténuer les sons stridents des aigües qui occurrent généralement avec les altos.

Alto de face, Otto Erdesz
Malgré tous ces bienfaits sur le son de l'instrument, cette nouvelle forme a été mal acceptée par les musiciens. Et le luthier aurait ainsi dit à son élève, Joseph Curtin :
"Il serait tout aussi aisé de leur vendre des altos avec une excroissance aux épaules."
Pourtant tous les instruments qu'il a fabriqués sont encore aujourd'hui joués de par le monde. Et de nombreux luthiers fabriquent des altos à cut-away.





Pour en savoir plus, lisez l'article écrit par son élève et ami Joseph Curtin, "Otto Erdesz Remembered" dans la revue The Strad de novembre 2000.

dimanche 26 février 2012

La forme de l'alto : l'alto à cut-away de Gerald Stanick

Gerald Stanick est un altiste. Il a joué dans plusieurs orchestres et dirigé plusieurs écoles de musique en 76 ans. Il dirige depuis 1980 le Vancouver Violin Shop, où il vend les instruments de plusieurs luthiers canadiens et nord-américain, et emploie plusieurs luthiers dans leurs ateliers. C'est avec les luthiers Alan Balmforth et John Newton qu'il a cherché une nouvelle forme pour l'alto.

Lorsque son alto a été brisé en 1978, le luthier Carl Becker a réalisé des plans de l'instrument. C'est à partir de ces plans que les nouveaux altos ont été dessinés.  De ce qui était un alto Maggini des alentours de 1600, est devenu un instrument moderne.

Daniel Scholtz et son alto
La plupart des copies ont un cut-away à l'épaule droite. Les cornettes sont plus ou moins marquées. Et certains instruments ont, comme l'alto de Daniel Scholtz, un cut-away de part et d'autre de l'instrument. Certains instruments ont les éclisses incurvées vers l’intérieur de l'instrument au niveau du bouton.

Tous les instruments réalisés mesurent entre 400 et 430mm de longueur de caisse. Leurs cordes vibrantes oscillent entre 350 et370 mm.

Pour plus de renseignements sur Gerald Stanick, consultez l'article "Prairie-grown Talent", de E.M. Allen, publié dans le magasine Strad de juin 1994.

Créer un logo (4) : choix

J'ai travaillé pour l'instant sur six différents logos. J'ai mené chacun d'entre eux à un design que j’apprécie. Mais mon logo ne peut pas avoir six designs différents. C'est pourquoi j'en arrive à l'étape la plus difficile : le choix !

De six, j'ai commencé par limiter mon choix à trois logos.

Puis j'ai fait un sondage : 3 votes -      1 vote -             7 votes

J'ai pesé le pour et le contre de chaque argument en faveur et en défaveur de chaque logo. Et j'ai décidé, qu'en effet le troisième représente mon approche de la lutherie, et de la musique, et de la vie en générale. Il est très dynamique, il n'est pas limité par une approche rigide de l'instrument, et démontre une largue pointe d'humour. Il a été le logo que mes interlocuteurs ont le plus retenu. Et l'argument du plus mémorable est un bon argument pour le choix d'un logo.

Le client ne choisi pas son luthier en fonction de son image promotionnelle mais bien de son travail. C'est pourquoi mon logo doit aider à me démarquer des autres. A faire en sorte que le client se souvienne de moi. Même s'il regardera en priorité la qualité de mon travail, et le rapport qualité-prix de mes prestations.


vendredi 24 février 2012

Créer un logo (3) : développement

Après avoir réalisé plusieurs logos, je les ai retravaillés. Je les ai vectorisés avec Photoshop. Et j'ai réalisé des grilles de logos. 

Chaque grille contient le croquis original ainsi que ses déclinaisons.

Grille Logo A, Eloïse Marcastel
Le logo A représente une volute et des chevilles. Il est très stylisé, et ressemble à un a commercial @. Il est possible d'y intégrer du texte autour comme en dedans.

Grille logo B, Eloïse Marcastel

Le logo B représente un archet qui passe sur une corde. Il est aussi très stylisé, mais c'est aussi mon design le plus simple.

Grille Logo C, Eloïse Marcastel

Le logo C est un violon (violoncelle ?) qui se joue lui même. Il est à la fois simple et compliqué. Il comporte beaucoup de détails, ce qui le rend peut-être peu lisible.

Grille logo D, Eloïse Marcastel

Le logo D est une cheville dans laquelle s'inscrit mon nom. Il est simple. Et le texte peut être modifié facilement.

Grille Logo E, Eloïse Marcastel

Le logo E est un demi-violon sur lequel est inscrit mon nom. Il est stylisé, et difforme. J'aime beaucoup la forme des ffs, et la volute qui s'éloigne de l'axe central. L'aspect visuel est très souple, presque élastique. Et ce malgré le sujet qui est très rigide.

Grille logo F, Eloïse Marcastel

Le logo F est un filet de dos, qui prend la forme de ma signature d'artiste en deux Ls enlacés. Je l'ai par la suite modifié, pour que le second L devienne un E. Le logo est alors plus lisible.

Créer un logo (2) : signature

Un logo est une signature. C'est une marque qui reconnait l'objet sur lequel elle est apposée comme de ma conception, de ma fabrication. C'est pourquoi dans l'exercice de création de mon logo, j'ai travaillé sur ma signature.

Logo F, Eloïse Marcastel
Logo B, Eloïse Marcastel
J'ai déjà une signature d'artiste, qui consiste en deux L entrelacés (à gauche). Sur chacun de mes croquis, elle est associée avec un symbole représentant un archet sur un corde vibrante (à droite). Ces signatures sont pour moi fortement associées au dessin, au croquis ou à l'aquarelle. Pas à la lutherie.

J'ai voulu un logo qui me représente en tant que luthière. J'ai donc cherché de l'inspiration. J'ai trouvé plusieurs logo de luthiers. Leur principal point commun est d’intégrer un élément de lutherie dans leur logo. Que ce soit un outil (souvent une noisette) ou une partie de l'instrument.

J'ai donc fait une série de croquis qui se basent sur part ou tout d'un instrument. J'ai tout de suite mis de coté les logos plus traditionnels. Je ne me reconnais pas dans des tracés réguliers, géométriques. J'avais besoin de lignes courbes, fluides, souples et interrompues. J'avais besoin de formes stylisées.

Au final j'ai retenu six croquis, que je vais retravailler.

mardi 21 février 2012

Les dimensions de l'alto (4) : mon futur alto

Alto, Gasparo da Salo
Dans le cadre du cours Dessin de Lutherie II, nous allons dessiner les plans d'un instrument de facture classique. Nous avons déjà travaillé avec la copie de plan à la main, dans le cours Dessin de Lutherie I. L'instrument que nous allons dessiner sera original, car si nous partons d'instruments existants nous les modifions pour correspondre à nos goûts et à des mesures de lutherie contemporaine.

Après plusieurs semaines de recherches et d'accumulations de données, nous sommes arrivés à la phase de dessin. Je me suis basée sur un alto de 1570 de Gasparo da Salo. A l'aide de Photoshop, nous partons d'une image de l'instrument original à taille réelle, puis nous modifions ce que nous souhaitons.

Mon alto, Eloïse Marcastel
Mon alto a gardé la longueur et la largeur du bas de l'instrument original (soit 410 et 250mm). J'ai resserré les Cs, et les épaules. J'ai descendue les cornettes et le diapason (maintenant à 223 mm au lieu de 197mm). J'ai changé les cornettes du bas, et les ffs.

Ce qui n'est maintenant qu'un montage photo, sera bientôt retravaillé avec AutoCad, pour créer un plan précis et détaillé de mon futur alto.