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dimanche 7 avril 2013

Faire un plan sur AutoCad

Dessiner un instrument au compas et au crayon est un exercice géométrique de copie et d'interprétation.
Dessiner un instrument en dessin assister par ordinateur est infiniment plus précis et périlleux ! D'ailleurs j'ai recommencé cette année !

Le cours Dessin de Lutherie II de l’École Nationale de Lutherie de Québec intègre la conception d'un instrument à son dessin par ordinateur avec le logiciel AutoCad. Recherche de données, choix esthétiques, but sonore, puis recherche de courbes, raccords de courbes, modifications de splines et de polylignes, normes de dessin technique, mise en page réglementaire.

Contralto, Maggini
L'année dernière j'ai appris à utiliser le logiciel et sa logique. Ce coup ci j'ai appris la rigueur, la précision, et l'analyse de données.

J'ai changé de modèles. Je suis toujours aussi fidèle aux maitres de Brescia, mais j'ai choisi le contralto de Maggini.
J'ai dû modifié les C qui sont trop petits proportionnellement à l'instrument. J'ai aussi légèrement modifié la volute, mais son chevillier garde son allure de viole. 
Les fs sont complètements différents.
J'ai gardé les doubles filets, même si leur réalisation dépend de la réalisation du premier qui doit être impeccable.
La voute va rester très ronde et marqué pour donné un côté rond et peu projetant d'un instrument de musique de chambre ou de jazz.

dimanche 4 mars 2012

Les origines et le devenir de l'alto : réflexion par John Dilworth

Violon, Andrea Amati
Dans son article "Unfinished journey" parue dans la publication de mai 1996 de la revue The Strad, John Dilworth met en perspective l'évolution de l'alto et celle du violon.

Le violon a d'abord été un instrument populaire. Il est devenu l'instrument soliste sous la main experte d'Andrea Amati au milieu du 16e siècle. Celui-ci et plusieurs autres luthiers réunis à Crémone, en Italie, ont permis au violon de se rependre en Europe. En effet leurs instruments sous le mécénat de la couronne d'Espagne, ont été offerts aux ensembles et orchestres des Cours d'Europe.

L'alto, qu'en à lui, est peut-être un descendant de la lyra da braccia. Ils ont tous deux une tessiture proche de la voix humaine. On retrouve de très nombreux altos fabriqués à Brescia, au nord de l'Italie, au milieu du 16e siècle. Brescia appartenant alors à la province de Venise, les luthiers fabriquaient des instruments en fonctions des besoins de leurs clients. Ces derniers sont des musiciens. Leurs besoins sont donc différents des commendataires royaux de Crémone. Ils ne sont pas très beaux, ni parfaitement finis, mais ils ont un son très riche et très ronds, ce qui manque à leurs cousins de Crémone.

Alto, Gasparo Da Salo
Les instruments les plus représentatifs de cette période sont ceux de Gasparo Da Salo. On retrouve leurs caractéristiques dans les instruments de ses élèves, Maggini et Zanetti. Ce sont de grands altos (jusqu'à 48cm) qui se jouent parfois da spalla. Leur corde vibrante est variable, ce qui ne les rends pas très aisés à jouer. Mais leurs formes, longs, très larges, avec très peu de taille, leur confère un son très "alto" (comme dirait mon professeur de Dessin de Lutherie). Un son chaud, rond, vibrant.

L'alto n'est devenu plus petit qu'au milieu du 18e siècle. La longueur de la caisse s'est alors standardisée aux alentours de 410 mm. A la même époque, les luthiers parisiens ont introduit le retournement du manche, et l’allongement de la touche. Et la longueur de corde vibrante des altos a été standardisée aux alentours de 220 mm.

Depuis de nombreuses formes ont été proposées pour l'alto, et de nombreuses possibilités peuvent encore voir le jour. Contrairement au violon, son évolution n'est pas retenue par les réalisations de nos illustres prédécesseurs.